L'essentiel
- Les femmes ont un risque d'insomnie environ 1,4 fois plus élevé, d'autant plus avec l'âge[1].
- À la ménopause, la TCC-I améliore l'insomnie même quand les bouffées de chaleur sont présentes, sans les faire disparaître[3][5].
- Pendant la grossesse, la TCC-I en consultation comme en ligne a montré son efficacité, avec des réglages adaptés[6][7].
- Avant les règles, le sommeil peut être un peu moins bon, mais l'écart moyen est faible[9].
Plus fréquente chez les femmes
Une méta-analyse portant sur plus d'un million de personnes trouve un risque d'insomnie 1,4 fois plus élevé chez les femmes, un écart qui se creuse avec l'âge[1]. Les estimations varient selon les études et la façon de définir l'insomnie.
Les explications sont multiples et ne se résument pas aux hormones : périodes de vie (grossesse, naissance, ménopause), douleurs, anxiété et dépression, plus fréquentes chez les femmes, et contraintes de la vie quotidienne s'additionnent. Comme pour tout le monde, ce sont souvent les habitudes qui entretiennent l'insomnie qui la font durer.
Le cycle menstruel
Certaines femmes dorment moins bien avant ou pendant leurs règles, surtout en cas de syndrome prémenstruel ou de règles douloureuses. Mais en moyenne, l'effet est modeste : dans une étude qui a suivi 395 cycles, la qualité du sommeil était un peu moins bonne avant les règles, avec un écart cliniquement minime, qui disparaissait une fois le stress pris en compte[9].
Aucun essai n'a encore étudié la TCC-I spécifiquement pour une insomnie liée au cycle. Si vos difficultés reviennent chaque mois, les noter dans un agenda du sommeil, avec le jour du cycle, aide à y voir clair et à en parler avec votre médecin.
Dans ReSomnia
L'agenda permet de noter, si vous le souhaitez, vos règles, le jour du cycle, un syndrome prémenstruel ou des bouffées de chaleur. Une option « cycle non repérable » existe pour les contraceptions en continu, le stérilet hormonal ou après la ménopause.
Pendant la grossesse
La grossesse bouleverse souvent le sommeil. Deux essais solides montrent que la TCC-I aide :
- En consultation : chez 179 femmes enceintes souffrant d'insomnie, le score ISI est passé de 15,4 à 8,0 avec la TCC-I, contre 15,9 à 11,2 avec une thérapie de comparaison ; 64 % des femmes n'avaient plus d'insomnie, contre 52 %[6].
- En ligne : chez 208 femmes enceintes, un programme numérique de TCC-I a nettement réduit la sévérité de l'insomnie par rapport aux soins habituels[7]. Six mois après la naissance, ces femmes étaient plus souvent sorties de l'insomnie[8].
Des réglages adaptés
Pendant la grossesse, la restriction du temps au lit se fait avec plus de souplesse, pour limiter la fatigue : dans ReSomnia, des paramètres plus prudents s'appliquent (fenêtre de sommeil jamais sous 5 h 30, seuils d'ajustement assouplis). Parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin. Attention aussi : les questionnaires d'apnée du sommeil habituels ne sont pas fiables pendant la grossesse ; des ronflements forts, des pauses respiratoires ou une tension élevée se signalent directement à votre médecin[10].
Après la naissance
Se réveiller pour nourrir ou consoler son bébé n'est pas une insomnie : c'est un manque d'occasions de dormir. L'insomnie, c'est ne pas parvenir à dormir quand on en a la possibilité.
Chez les femmes qui avaient suivi une TCC-I numérique pendant la grossesse, l'insomnie avait plus souvent disparu six mois après la naissance[8]. Les résultats après l'accouchement sont toutefois moins constants que pendant la grossesse.
Le moral compte aussi
Une tristesse qui dure, une anxiété envahissante ou des idées noires après la naissance justifient de consulter rapidement votre médecin ou votre sage-femme. En cas d'urgence, appelez le 0800 32 123 ou le 1813 (en néerlandais), en France le 3114, ou le 112.
À la ménopause
Les troubles du sommeil sont fréquents pendant et après la ménopause, y compris chez les femmes qui n'ont pas de bouffées de chaleur[2]. C'est aussi la période où la TCC-I a été le mieux étudiée chez les femmes :
- Avec bouffées de chaleur : chez 106 femmes en péri- ou post-ménopause, une TCC-I par téléphone a fait baisser le score ISI de 9,9 points, contre 4,7 avec un programme d'information. Le nombre de bouffées de chaleur n'a pas changé, mais elles dérangeaient moins[3].
- Après la ménopause : chez 150 femmes, le score ISI a baissé de 7,7 points avec la TCC-I, de 6,6 avec la restriction du sommeil seule, et de 1,1 seulement avec des conseils d'hygiène du sommeil[4].
- Comparée à d'autres approches : sur quatre essais, la TCC-I a davantage réduit l'insomnie que l'exercice, le yoga, les œstrogènes ou certains antidépresseurs, chacun comparé à son propre groupe contrôle[5].
La TCC-I ne remplace pas une prise en charge des bouffées de chaleur : un traitement hormonal ou non hormonal se discute avec votre médecin ou votre gynécologue. Mais l'insomnie elle-même se traite, même quand les bouffées persistent.
Ce qu'il ne faut pas croire
- « C'est la ménopause, il faut faire avec. » Non : l'insomnie de la ménopause répond à la TCC-I[3][4].
- « La TCC-I va faire disparaître mes bouffées de chaleur. » Non : elle améliore le sommeil, pas la fréquence des bouffées[3].
- « Toutes les femmes dorment mal avant leurs règles. » Non : l'effet moyen est faible et varie beaucoup d'une femme à l'autre[9].
- « C'est hormonal, donc rien à faire. » Les hormones jouent un rôle, mais ce sont souvent les habitudes et l'inquiétude qui entretiennent l'insomnie, et celles-ci se travaillent[11].