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Guide · 6 minutes de lecture

Suis-je insomniaque ? Les signes qui doivent alerter

On parle d'insomnie chronique quand les difficultés de sommeil reviennent au moins trois nuits par semaine depuis au moins trois mois, et qu'elles pèsent sur vos journées[1]. Pour faire le point en deux minutes, le test ISI donne un score de 0 à 28 qui situe la sévérité de vos difficultés[3].

Par Andy Leleux, technologue du sommeil · Mis à jour le 27 octobre 2026

L'essentiel

  • Trois critères : des difficultés de sommeil, au moins trois nuits par semaine, depuis au moins trois mois, avec un retentissement sur la journée[1].
  • Ce n'est pas le nombre d'heures qui définit l'insomnie, mais la difficulté à dormir et ses conséquences.
  • Le test ISI situe la sévérité en 7 questions ; il ne remplace pas l'avis d'un professionnel[3][4].
  • Ronflements avec pauses respiratoires ou forte somnolence : parlez-en à votre médecin, ce n'est peut-être pas (seulement) une insomnie.

Les signes de l'insomnie

L'insomnie peut prendre trois formes, souvent mêlées :

  • Avoir du mal à s'endormir : on se tourne dans son lit, l'esprit qui tourne, sans parvenir à « décrocher ».
  • Se réveiller la nuit et avoir du mal à se rendormir.
  • Se réveiller trop tôt le matin, sans pouvoir retrouver le sommeil.

Ces nuits difficiles s'accompagnent de conséquences dans la journée : fatigue, difficultés de concentration ou de mémoire, irritabilité, baisse de moral, inquiétude à l'approche du coucher. C'est ce retentissement qui distingue l'insomnie d'un simple « petit dormeur » qui se sent bien avec peu de sommeil[1].

Mauvaises nuits passagères ou insomnie chronique ?

Tout le monde passe de mauvaises nuits : avant un examen, après un deuil, pendant une période de stress. Le sommeil revient le plus souvent de lui-même quand la situation s'apaise.

On parle d'insomnie chronique quand les difficultés reviennent au moins trois nuits par semaine, depuis au moins trois mois, alors que vous avez le temps et les conditions pour dormir, et qu'elles retentissent sur vos journées[1]. À ce stade, l'insomnie s'entretient souvent d'elle-même, par les habitudes prises pour compenser et l'inquiétude autour du sommeil.

Pourquoi trois mois ?

C'est le seuil retenu par les classifications internationales pour parler d'insomnie chronique. Et c'est pour l'insomnie chronique que la TCC-I est recommandée en premier[1][2].

Faire le point avec le test ISI

L'Index de Sévérité de l'Insomnie (ISI) est le questionnaire de référence, utilisé par les médecins comme dans les études. Ses 7 questions portent sur les deux dernières semaines et donnent un score de 0 à 28[3][4] :

  • 0 à 7 : pas d'insomnie clinique.
  • 8 à 14 : insomnie légère.
  • 15 à 21 : insomnie modérée.
  • 22 à 28 : insomnie sévère.
Test gratuitTest ISI : où en est votre insomnie ?7 questions sur vos deux dernières semaines et votre score d'insomnie sur 28, tout de suite.

Le score ne pose pas de diagnostic : il vous aide à mettre des mots et des chiffres sur ce que vous vivez, et à en parler avec un professionnel. Refait toutes les quelques semaines, il permet aussi de suivre l'évolution.

Ce qui peut ressembler à une insomnie

D'autres troubles perturbent aussi le sommeil, et se traitent autrement. Quelques signes doivent vous faire penser à en parler à votre médecin[1] :

  • Ronflements forts, pauses respiratoires remarquées par l'entourage, somnolence importante dans la journée : une apnée du sommeil est possible. Le test d'Epworth mesure votre somnolence ; seul un examen du sommeil permet de confirmer une apnée.
  • Des sensations désagréables dans les jambes le soir, avec un besoin irrésistible de les bouger : un syndrome des jambes sans repos est possible.
  • Un sommeil normal mais décalé (endormissement très tardif, réveil difficile le matin, mais bon sommeil quand vous pouvez suivre votre rythme) : il peut s'agir d'un décalage de l'horloge interne.
  • Une tristesse ou une anxiété qui dure : les troubles de l'humeur et du sommeil s'entretiennent souvent mutuellement, et les deux méritent d'être pris en charge.

Quand consulter

Parlez-en à votre médecin si vos difficultés durent depuis plusieurs semaines et pèsent sur vos journées, si vous prenez des médicaments pour dormir depuis longtemps, ou si vous reconnaissez l'un des signes ci-dessus.

Sans attendre

Si vous vous endormez au volant ou en pleine activité, consultez rapidement et évitez de conduire. Si des pensées difficiles prennent de la place, appelez à toute heure le 0800 32 123 ou le 1813 (en néerlandais), en France le 3114, ou le 112 en cas de danger.

Et ensuite ?

Si vos difficultés correspondent à une insomnie chronique, la thérapie cognitivo-comportementale de l'insomnie (TCC-I) est le traitement recommandé en premier, avant les somnifères, par les recommandations européennes et américaines[1][2]. Elle se suit avec un praticien formé, avec un programme numérique, ou les deux.

Pour commencer, un agenda du sommeil tenu une à deux semaines montre vos vrais horaires et votre efficacité du sommeil : c'est le point de départ de la TCC-I.

Questions fréquentes

Peut-on être insomniaque en dormant sept heures ?

Oui. L'insomnie ne se définit pas par un nombre d'heures, mais par la difficulté à dormir (s'endormir, rester endormi, se réveiller trop tôt) et par ses conséquences sur la journée. À l'inverse, certaines personnes dorment peu sans se plaindre ni être fatiguées : ce n'est pas une insomnie.

Se réveiller la nuit, est-ce normal ?

De brefs réveils font partie du sommeil normal et passent souvent inaperçus. Ils deviennent un problème quand ils sont longs, que le sommeil ne revient pas, que cela se répète plusieurs nuits par semaine et que vos journées en souffrent.

Le test ISI pose-t-il un diagnostic ?

Non. Il situe la sévérité de vos difficultés sur les deux dernières semaines. Seul un professionnel peut poser un diagnostic, en tenant compte de votre situation.

Mon score ISI est élevé : que faire ?

Parlez-en à votre médecin ou à un praticien formé à la TCC-I. Vous pouvez aussi commencer un agenda du sommeil dès maintenant : il servira de base à la consultation comme au programme.

L'insomnie peut-elle partir toute seule ?

Une insomnie passagère, liée à un événement, disparaît souvent quand la situation s'apaise. Quand elle s'installe, les habitudes prises pour compenser (rester plus longtemps au lit, faire la sieste) peuvent l'entretenir : la TCC-I agit justement sur ces habitudes.

À lire et à faire ensuite

Sources

  1. [1] Riemann D, et al. The European Insomnia Guideline: an update on the diagnosis and treatment of insomnia 2023. J Sleep Res. 2023;32(6):e14035. PubMed
  2. [2] Edinger JD, et al. Behavioral and psychological treatments for chronic insomnia disorder in adults: an AASM clinical practice guideline. J Clin Sleep Med. 2021;17(2):255-262. PubMed
  3. [3] Morin CM, et al. The Insomnia Severity Index: psychometric indicators to detect insomnia cases and evaluate treatment response. Sleep. 2011;34(5):601-608. PubMed
  4. [4] Bastien CH, Vallières A, Morin CM. Validation of the Insomnia Severity Index as an outcome measure for insomnia research. Sleep Med. 2001;2(4):297-307. PubMed

Ce guide informe, il ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un psychologue. En cas de détresse, appelez à toute heure le 0800 32 123 (Centre de Prévention du Suicide) ou le 1813 (en néerlandais), en France le 3114, ou le 112 en cas de danger.

Faites le point, puis passez à l'action.

ReSomnia commence par vos nuits : un agenda de deux minutes chaque matin, le test ISI pour suivre l'évolution, et un programme de TCC-I en six semaines, avec votre praticien si vous le souhaitez.

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