L'essentiel
- Trois critères : des difficultés de sommeil, au moins trois nuits par semaine, depuis au moins trois mois, avec un retentissement sur la journée[1].
- Ce n'est pas le nombre d'heures qui définit l'insomnie, mais la difficulté à dormir et ses conséquences.
- Le test ISI situe la sévérité en 7 questions ; il ne remplace pas l'avis d'un professionnel[3][4].
- Ronflements avec pauses respiratoires ou forte somnolence : parlez-en à votre médecin, ce n'est peut-être pas (seulement) une insomnie.
Les signes de l'insomnie
L'insomnie peut prendre trois formes, souvent mêlées :
- Avoir du mal à s'endormir : on se tourne dans son lit, l'esprit qui tourne, sans parvenir à « décrocher ».
- Se réveiller la nuit et avoir du mal à se rendormir.
- Se réveiller trop tôt le matin, sans pouvoir retrouver le sommeil.
Ces nuits difficiles s'accompagnent de conséquences dans la journée : fatigue, difficultés de concentration ou de mémoire, irritabilité, baisse de moral, inquiétude à l'approche du coucher. C'est ce retentissement qui distingue l'insomnie d'un simple « petit dormeur » qui se sent bien avec peu de sommeil[1].
Mauvaises nuits passagères ou insomnie chronique ?
Tout le monde passe de mauvaises nuits : avant un examen, après un deuil, pendant une période de stress. Le sommeil revient le plus souvent de lui-même quand la situation s'apaise.
On parle d'insomnie chronique quand les difficultés reviennent au moins trois nuits par semaine, depuis au moins trois mois, alors que vous avez le temps et les conditions pour dormir, et qu'elles retentissent sur vos journées[1]. À ce stade, l'insomnie s'entretient souvent d'elle-même, par les habitudes prises pour compenser et l'inquiétude autour du sommeil.
Faire le point avec le test ISI
L'Index de Sévérité de l'Insomnie (ISI) est le questionnaire de référence, utilisé par les médecins comme dans les études. Ses 7 questions portent sur les deux dernières semaines et donnent un score de 0 à 28[3][4] :
- 0 à 7 : pas d'insomnie clinique.
- 8 à 14 : insomnie légère.
- 15 à 21 : insomnie modérée.
- 22 à 28 : insomnie sévère.
Le score ne pose pas de diagnostic : il vous aide à mettre des mots et des chiffres sur ce que vous vivez, et à en parler avec un professionnel. Refait toutes les quelques semaines, il permet aussi de suivre l'évolution.
Ce qui peut ressembler à une insomnie
D'autres troubles perturbent aussi le sommeil, et se traitent autrement. Quelques signes doivent vous faire penser à en parler à votre médecin[1] :
- Ronflements forts, pauses respiratoires remarquées par l'entourage, somnolence importante dans la journée : une apnée du sommeil est possible. Le test d'Epworth mesure votre somnolence ; seul un examen du sommeil permet de confirmer une apnée.
- Des sensations désagréables dans les jambes le soir, avec un besoin irrésistible de les bouger : un syndrome des jambes sans repos est possible.
- Un sommeil normal mais décalé (endormissement très tardif, réveil difficile le matin, mais bon sommeil quand vous pouvez suivre votre rythme) : il peut s'agir d'un décalage de l'horloge interne.
- Une tristesse ou une anxiété qui dure : les troubles de l'humeur et du sommeil s'entretiennent souvent mutuellement, et les deux méritent d'être pris en charge.
Quand consulter
Parlez-en à votre médecin si vos difficultés durent depuis plusieurs semaines et pèsent sur vos journées, si vous prenez des médicaments pour dormir depuis longtemps, ou si vous reconnaissez l'un des signes ci-dessus.
Sans attendre
Si vous vous endormez au volant ou en pleine activité, consultez rapidement et évitez de conduire. Si des pensées difficiles prennent de la place, appelez à toute heure le 0800 32 123 ou le 1813 (en néerlandais), en France le 3114, ou le 112 en cas de danger.
Et ensuite ?
Si vos difficultés correspondent à une insomnie chronique, la thérapie cognitivo-comportementale de l'insomnie (TCC-I) est le traitement recommandé en premier, avant les somnifères, par les recommandations européennes et américaines[1][2]. Elle se suit avec un praticien formé, avec un programme numérique, ou les deux.
Pour commencer, un agenda du sommeil tenu une à deux semaines montre vos vrais horaires et votre efficacité du sommeil : c'est le point de départ de la TCC-I.